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 Six feet under || Rayne

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Darwin Dowd Gowan

Darwin Dowd Gowan

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MessageSujet: Six feet under || Rayne   Six feet under || Rayne EmptyDim 21 Fév - 14:59

    Tokyo, la constante marée humaine. Glauque à mes yeux comme aucune ville ne pouvait l'être. Je ne supportait plus ce dépaysement constant, j'étais oppressé de toutes parts comme pris entre les dents d'un piège à loup particulièrement tranchant. Moi qui ai vécu le premier quart de ma vie dans les grandes plaines désertiques aux abords de Melbourne en Australie, ou même la capitale n'atteint pas la densité de population d'une ville de banlieue japonaise, j'étouffais. Londres ne m'avait pas révulsé comme Tokyo me révulsait: je n'avais profité assez longtemps de cette ville Britannique avant d'être enlevé par la WHS-L pour être dégouté de la foule. Là, j'avais un aperçu de ce que signifiait vraiment le mot foule. Je ne l'aimais pas.

    Il y avait beaucoup de monde autour de moi, il était deux heures trente du matin et la population qui me pressait de part en part était principalement composée de fêtards et autres jeunes branchés des bas-fonds. La plupart ne semblaient pas me voir, et s'ils leur arrivaient de me lancer un regard, ils ne s'offusquaient plus à la vue d'un Européen pâle et blême comme je l'étais. En effet, depuis quelques mois déjà, beaucoup d'Européens se trouvaient à Tokyo; des Witches, pour la plupart. Ils mettaient la ville à feu et à sang dès la tombée de la nuit, et j'avais été dépêché ici pour mettre hors d'état de nuire autant de fouteur de merde que je pourrais. On ne pouvais plus ni entrer, ni sortir de la ville, mais il fallait endiguer la révolte.

    Je sortis de la poche de mon manteau mon téléphone portable qui vibrait comme une machine à laver.

      « Dowd Gowan, j'écoute. » annonçais-je d'une voix blanche.


    Une Witch avait été repérée pas loin de l'endroit où je me rendais, dans le quartier d'Arakawa. Elle correspondait à un profil recherché, sur et certain, mais l'inquisiteur qui l'avait remarquée n'avait pas voulu se lancer à sa poursuite: "pas son job", voila son argument. Et merde. Avec mon chapeau de feutre sur le crâne et mon grand manteau noir, j'étais déjà en couverture sans le vouloir, aussi acceptais-je cette pitoyable mission de récupération qui était sur mon chemin. Je poussais un soupire, regrettant amèrement d'avoir trainé mes basques du côté Asiatique du globe, alors que j'aurais pu rester tranquillement à Londres avec mes petites missions pépère et mon Telegraph/Gobelet de café les soirs de repos.

    Marchant vite, slalomant entre les passants qui mangeaient, fumaient, se pelotaient dans les rues, je coupais à travers les avenues commerçantes et les coupes-gorges insalubres avant d'arriver sur la place qui menait à Arakawa, le quartier le plus mal famé de la ville.
    Ici, il n'y avait personne en vue, ce qui contrastait assez étrangement avec les rues grouillantes de monde à quelques mètres d'ici. Un chat sortit d'une poubelle, une porte claqua. Des rires gras s'élevèrent un peu plus loin, à l'endroit où les dealers faisaient généralement leurs petites affaires.

    Toujours au téléphone, l'inquisiteur me guidait à l'aveuglette vers l'endroit où il avait ma cible pour la dernière fois. Grande, brune, cheveux longs, très pâle. Après vérification, elle s'appelait bien Alizeah Mercer et elle était descendue dans le métro il y a moins de dix minutes. L'inquisiteur ne l'avait pas suivie plus avant, et je raccrochais, exaspéré. Dix minutes ! Une éternité pendant laquelle la cible aurait bien pu partir s'acheter un kébab à l'autre bout de la ville ! De plus, le cas Mercer n'était pas particulièrement l'un de ceux que j'avais envie de traiter, du fait de ma bonne entente avec Rayne, sa soeur. Je devais pourtant en avoir le coeur net, et sortit mon H33 de ma ceinture pour me tenir prêt.

    Rasant les murs décrépis et couverts de mousses, je regardais de tous les côtés, cherchant le sosie de Rayne, fiévreux. Je reconnaissais bien là les symptômes du Hunter: j'avais grand plaisir à chasser, peut importe qui. Au bout de mon bras, mon revolver semblait briller d'une lueur menaçante, et les rues désertes aux pavés irréguliers réverbéraient le bruit de mes pas. Stoppant à un coin de mur, je tendis l'oreille et perçu des bruits de talons sur le sol inégal: la cible était en approche. Je descendis mon chapeau un peu plus bas sur mes yeux, l'arme prête, et sautai sur ma cible au moment où elle allait tourner à l'angle: je la saisis à l'épaule, la plaqua contre le mur, mon H33 soudain sur sa gorge, un sourire mauvais sur mon visage tendu par la fatigue. L'effet de surprise marchait toujours aussi bien, mais il fut pour moi et non pas pour ma proie: ce n'était pas Alizeah, c'était Rayne. Je la tenait toujours en joue, soudain indécis, comme figé.

      « Rayne. » dis-je d'une voix plus rauque que d'habitude. Mon accent me sembla résonner avec force, dans cette atmosphère sourde et puante.


    Ce n'était pas une question, je savais parfaitement la distinguer de sa soeur, depuis toutes les années que nous avions passé ensemble. Pourtant, depuis que j'étais à Tokyo, et cela faisait environ quatre mois, je n'avais pas eu de nouvelles d'elle et je ne savais absolument pas qu'elle s'y trouvait aussi: j'étais plutôt surpris. Je la lâchai sans mot dire, puis relevai mon chapeau sur mon crâne pour qu'elle puisse voir mon visage plus distinctement. Je lui fit un petit sourire amusé.

      « Garver m'avait signalé une Witch: il n'est même pas capable de distinguer ses collègues de ses ennemis, l'imbécile. »


    Après un dernier regard à mon révolver, je le replaçai à la ceinture de mon jean, dans mon dos, avant de reporter mon attention sur Rayne. Je ne pris pas la peine de m'excuser pour cette attaque: nous nous connaissions suffisamment pour nous passer des habituels ronds de jambe.
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Rayne E. Mercer

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MessageSujet: Re: Six feet under || Rayne   Six feet under || Rayne EmptyLun 22 Fév - 16:47

    Je crois que je m’étonnerais toujours du nombre de Witches qu’il y avait. J’avais l’impression que plus on en attrapait, plus il en apparaissait. J’étais en train de rentrer à l’hôtel quand mon portable a sonné. « Mercer, il faut que tu m’aides. » J’avais haussé un sourcil et de la façon la plus froide possible de me dire ce qu’il voulait. Certains ‘collègues’ étaient vraiment des incapables. Comme celui qui avait laissé filé la Witch que je venais de neutraliser. Ce crétin l’avait perdu du côté d’Akihabara. Sérieusement. Le quartier des geeks et autres urluberlus déguisés en personnages de manga. Et là dedans, expliquez moi comment je suis sensée repérer une Witch parmi une foule de gens bizarre. La Witch avait le pouvoir de changer son apparence à volonté. Mais il y avait toujours un truc qui la trahissait, parce qu’elle avait une cicatrice sur la joue, chose rare, quand même. Il était minuit, et j’avais juste envie de rentrer à l’hôtel pour pioncer. Mais puisque ce type était un incapable, et qu’il m’avait demandé de l’aide.. J’allais l’aider. Les filles les plus froides sont souvent les plus sympa, mais les gens ont pas l’air de s’en apercevoir, mais tant mieux ! Ca m’arrangeait. Bref, j’avais chassé la fille. Elle était passé à côté de moi sans savoir qui j’étais. Bien sûr. Soit elle m’avait prise pour Alizeah, soit mon air détaché l’avait dupée. Je l’avais neutralisée, une balle du H33 dans la jambe et un coup bien placé derrière la tête et j’avais appelé l’incapable qui l’avait laissée filée. Peut-être qu’elle avait prit l’apparence de la femme de ses rêves ; allez savoir. Je l’accompagnait au QG, histoire d’être sûre et certaine qu’il ne la laisserait pas s’enfuir encore une fois ; et je me suis éclipsée pendant qu’il se démerdait avec tout ses trucs administratifs chiants au possible. Je passais par les coins les plus déserts pour rentrer. Autant vous dire que c’était pas simple de trouver des coins déserts dans Tokyo. C’est là que je me suis sentie suivie. Okay ; si un espèce de pervers tokyoïte croyait qu’il pouvait s’en prendre à moi, il allait être surprit. Sauf que quand je me suis retournée, il n’y avait personne. J’ai haussé un sourcil dubitatif. Après un regard suspicieux aux coins sombres, j’ai fait demi tour et j’ai continué ma route. Dix minutes après, je me retrouvais pas trop loin d’Arakawa. Je crois que j’étais une des seules femmes au monde à pouvoir me balader dans ce quartier sans mourir de peur à chaque bruit de pas. Sauf que là, c’était différent. Déjà de un, je ne mourrais pas de trouille, et de deux, on m’avait déjà suivie tout à l’heure, dans un quartier respectable – ou presque. Ce qui, en fait, ne me disait rien qui vaille. Sans doute étais-je devenue paranoïaque après avoir éliminé mon ami l’Inquisiteur sadique ; mais là, je n’étais pas parano. Là, il y avait quelqu’un qui était à mes trousses. Ce quelqu’un ne devait pas vraiment savoir à qui il avait à faire.

    Par précaution, j’attrapais le H33 et le sortais de mon holster, la manche de mon sweat-shirt noir trop grand couvrant assez bien mon arme pour qu’une simple lueur trahisse à peine sa présence et pour qu’on puisse aussi bien le prendre pour un écran de portable où se reflétait la lumière d’un lampadaire blafard. Je marchais de toutes façons trop vite pour qu’on ait les temps de voir ce que j’avais dans la main. Et puis de toutes façons, il n’y avait plus personne, ce quartier, a cette heure, personne. Ce qui me chiffonnait le plus, c’était le bruit de mes bottes sur le sol. Si j’étais la cible de quelqu’un, il était évident que ca n’allait pas m’aider. J’ai accéléré le pas. Et à un tournant, quelqu’un m’a empoignée l’épaule et plaqué contre un mur. Instinctivement, et bizarrement au même moment que l’autre collait son arme à ma gorge, j’ai collé la mienne à sa tempe. Quelle merde. J’aurais mieux fait de me dématérialiser pour lui échapper, et APRES de le mettre en joue. Mon instinct bugait vraiment, des fois. Mais bon, au moins, je gardais mon calme, en même temps, je perdais rarement mon calme alors c’était pas un mec avec un chapeau qui allait me le faire perdre. Bizarrement, l’homme au chapeau et au sourire mauvais me rappelait quelqu’un. « Rayne. » lâcha-t-il. Si j’avais déjà eu un air pire que blasé, il était carrément surpassé par celui qui avait élu domicile sur mon visage à ce moment-là, parce que ce type me connaissait, et donc que c’était un collègue, et surtout parce que sa voix me rappelait étrangement quelqu’un, son accent surtout. « Evidemment » lâchais-je, ou grinçais-je, plutôt. Et il m’a relâchée. Il a relevé son chapeau et j’ai eu confirmation de mes doutes ; Darwin. Bien sûr. Il eut un petit sourire amusé auquel je ne répondis pas, attendant qu’il s’explique, je le gratifiais d’un regard morne et froid. « Garver m'avait signalé une Witch: il n'est même pas capable de distinguer ses collègues de ses ennemis, l'imbécile. » J’ai haussé un sourcil dubitatif ; Donc de un, c’était ce Garver qui m’avait suivie – décidément, j’étais maudite avec les Inquisiteurs – , deux, il m’avait prise pour Alizeah, et trois, on avait envoyé Darwin à ma poursuite – enfin, celle d’Alizeah – et si ca n’aurait pas été moi, il n’aurait pas hésité à la neutraliser. Et donc soit à la livrer à l’Organisation, soit à la tuer si elle faisait de la résistance. Bravo. Moi qui pensait avoir bien fait de lui faire confiance. « Tu ne l’es pas moins que lui » lâchais-je sèchement « Surtout si tu crois pouvoir attraper une femme invisible aussi facilement. » terminais-je encore plus froidement, songeant que ma sœur n’était certainement pas bête ou folle pour se balader la nuit sans se rendre invisible. Il a ensuite rangé son arme, mais pas moi. Je ne dirais pas que j’avais envie de lui coller une balle entre les deux yeux ; mais je ne dirais pas le contraire non plus. « D’ailleurs, je suis ravie de voir que tu n’aurais pas hésité à tirer sur ma jumelle. Vraiment. » Lâchais-je d’un ton pas si froid que ça ; Dans le sens où on pouvait nettement sentir la déception et surtout l’énervement sous le froid de ma voix. Et ce n’était pas parce qu’il m’avait attaquée que j’étais énervée, mais parce qu’il aurait attaqué Alizeah en toute connaissance de cause. Honnêtement, j’avais du mal a comprendre pourquoi je ne lui collais pas au moins mon poing dans la figure.
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